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Tout allait très bien jusqu'à ce funeste mercredi 12 septembre et ce mail de Ublog, intitulé "Important : Arrêt prochain de Ublog"...
Le titre aurait suffi. Mais comme chez Ublog on fait les choses en grand, j'ai eu le droit à un grand mail, tout vide. Un peu comme ces mails plein d'humanité et de compassion envoyés par les RH aux piètres candidats.
Un mail. Un tout petit mail de rien du tout et des milliers de blogs ont entendu sonner le glas de leur mise à mort programmée.
Ce blog passera donc l'arme à gauche le 22 octobre, un lundi. Cela tombe bien, je n'ai jamais aimé les lundi.
Ce jour-là des milliers d'articles, de photos, de commentaires sombreront à tout jamais dans l'oubli, happés par le vide internetique. Tu es poussière et à la poussière tu retourneras.
Bien sûr, ce blog me manquera plus que les autres...
C'était un ami fidèle, toujours à l'écoute et prêt à s'ouvrir au premier venu. Fauché par le destin en pleine force de l'âge, le vide qu'il laisse derrière lui jamais ne se refermera. Gardez le vivant, parlez-en aux enfants de vos enfants: ne laissons pas des informaticiens étouffer son souvenir.
De toute façon, s'il avait eu à choisir, je sais que ce blog aurait préféré mourir debout plutôt que de vivre à genoux. Une belle mort en somme.
Je vois aussi dans cette annonce tragique l'opportunité de se quitter en bons termes. Il nous reste un mois pour lui témoigner notre affection, lui dire combien on tient à lui.
Je ne t'oublierai pas...
Bon, plus sérieusement, le blog n'est pas totalement condamné. J'étudie les différentes possibilités qui s'offrent à moi et vous tiendrai au jus. En plus, c'est une bonne occasion de passer à autre chose (moins de pub serait appréciable). Je vis très bien cette séparation programmée. Bien entendu, les témoignages de sympathie sont les bienvenus. ;-)
La bise.
Toutes les bonnes choses ont une fin.
Les Etats-Unis c'est fini, du moins pour le moment. Finis les buildings dressés face au Lac Michigan, les hummers limousine, le beach volley et les voiliers.
A moi le Luxembourg et son été moisi !
Je suis toujours en stage dans une boîte US (vive le télétravail) et commence doucement ma recherche d'emploi. C'est à la fois lourd et grisant: envoyer des CVs pour recevoir des "malgré la qualité de votre candidature, nous n'avons pas de poste correspondant à votre profil" ça fatigue vite, mais, en même temps, tout est encore possible.
J'espère repartir à l'aventure dès que possible.
Ci-dessous une photo prise ce WE en Bretagne. Aucun rapport avec le reste, je la trouve simplement réussie.
Tout le monde vous le dira, le plus dur avec une langue étrangère c'est quand on ne voit pas son interlocuteur.
Pas moyen de s'aider d'éventuelles expressions du visage ou de gestes, le téléphone c'est du sans filet.
Je me rappelle avec nostalgie les premiers coups de fils reçus en Autriche et mon premier drive-thru aux US (le terme drive-in n'est utilisé qu'en France). Des grands moments de sollitude comme on les aime.
Je croyais être vacciné.
C'était compter sans le coup de fil d'aujourd'hui: un conference call avec le PDG de ma boîte, un senior manager de chez DHL et moi.
Déjà le casting met la pression... (et la pression ce n'est pas bon)
Ensuite, pour corser le tout, ledit PDG est... Texan. Merci, vraiment.
J'ai donc passé 20 minutes à m'accrocher... et ai tout compris (si, si).
Par contre, la température de la pièce est subitement montée de 10 degrés... ;-)
Un samedi comme les autres.
Pas de drapeaux, enfin pas plus que d'habitude.
Pas de bleu, pas de blanc, pas de rouge, seulement des toastinettes et du vin californien.
Pas de défilé à la télévision, si ce n'est celui des publicités.
Pas de Marseillaise, seulement les sirènes de la caserne de pompiers.
Et pour couronner le tout, un Allemand vainqueur d'étape et maillot jaune sur le Tour.
Pas de bol me direz-vous.
Qu'importe le lieu, ce soir nous allons faire la fête en l'honneur de notre pays, jusqu'au bout de la nuit.
Comme un être cher, la France prend toute sa valeur dans la séparation. Les retrouvailles n'en seront que meilleures...
Et voilà, nous avons quitté Saint Louis pour de bon, non sans une certaine nostalgie.
Dans le bus qui nous emmenait à Chicago j'ai longuement regardé l'Arche (LE monument emblématique de la ville) rétrécir jusqu'à disparaître à l'horizon.
Avec elle s'éloigne un an de souvenirs, d'amitiés, de hauts, de bas, de découvertes, d'enseignements, d'amis à usage unique (tous ces gens que je ne reverrai jamais, en dépit de promesses larmoyantes)...
Que les vrais amis ne s'en fassent pas: la vraie amitié ne craint ni les frontières (et les visas), ni le temps.
Partir c'est mourir un peu, c'est sûr, mais c'est aussi et surtout une renaissance: nouveaux défis, nouveaux amis... Beau programme pour un bâtisseur (Baumann), d'autant plus que Chicago semble plein de promesses.
Avec l'amour à mes côtés, le voyage promet d'être beau.
Et voilà, je viens de passer du côté obscur de la force...
Dorénavant, à chaque minute qui passe je serai plus près de 30 ans que de 20.
Allez, on va chanter pour se redonner de l'espoir.
Le temps est loin de nos vingt ans,
Des coups de poing, des coups de sang,
Mais qu'à c'la n'tienne, c'est pas fini:
On peut chanter quand le verre est bien rempli !
Graeme Allwright, Il faut que je m'en aille
Et voilà, j'ai fini et validé tous mes cours. Je n'irai plus jamais "à l'école".
Finis les siestes, les révisions de dernière minute, les dossiers à la con, les questions stupides des camarades de classe (les Chinois sont très forts à ce jeu là), les fous rires sous la table, les BN au goûter, les ballons prisonniers à la récré, les mémoires à l'arrache... ça va me manquer tout ça !
A moi la vie active: soirées télé, cheveux blancs et malbouffe (ça j'ai déjà commencé).
Pour ceux que ça intéresse et pour les autres aussi, j'ai commencé mon stage hier dans une boîte de consulting, Intulogy. Je vais bosser principalement sur deux projets: DHL et GE Money, ce qui est plutôt cool. J'espère avoir suffisamment de responsabilités pour que l'expérience en vaille vraiment la peine.
Muriel est bien arrivée à Chicago, avec seulement une heure de retard. On va rester ici pour le week-end. Je suis l'homme le plus heureux au monde !
J'ai passé ma journée en voiture, à me dire que le pilote automatique était une invention dont le monde a besoin. Les voyages dans ce pays sont d'une monotonie... Régulateur de vitesse règlé... C'est parti pour 5h de ligne droite...
Voilà, je vais vous laisser, Muriel risque de se réveiller dans 3h à cause du décalage horaire. Comme dirait Chabat, "putain, c'est beau une ville la nuit..." (Tu t'es lu quand t'as bu?)
Image: Franquin